Pour atteindre le pays Toraja, au sud des Celebes, mieux vaut etre patient. De Manado, au nord de l’ile, nous prenons un vol de Lion Air pour Makassar, 6e ville indonesienne. Un poisson grille en ville nous fait presque louper notre bus de nuit, notre taxi etant coince pendant deux heures dans un monstrueux bouchon… De la, le bus grimpe difficilement dans les montagnes jusqu’a Rantepao, capitale du Tana Toraja. Cette region est celebre pour ses fastueuses funerailles qui durent plusieurs jours et lors desquelles les sacrifices (buffles, porcs) sont nombreux. Les habitants accordent en effet une place toute particuliere a la mort. Ainsi, les tombeaux sont creuses a meme la roche ou suspendus dans des cercueils a flanc de falaise pour eviter les pillages. Les habitations sont egalement originales avec des toits en forme de cornes de buffles. Le cafe seche au soleil au bord de la route. Pour couronner le tout, les paysages sont magnifiques avec des rizieres en terrasses et une vegetation luxuriante. Les enfants nous accueillent avec des « Hello Mister » chaleureux et quelques « Fucking you » inattendus!
Le village musee de Ke’Te Kesu est beau avec ses grandes maisons en bois a la forme si particuliere. Les touristes indonesiens sont nombreux et nous demandent de poser avec eux pour des photos. Derriere le village, les tombes perchees le long de la roche sont impressionnantes avec moult cranes et ossements. Des gosses gardent l’entree d’une grotte ou je m’aventure avec un guide haut comme trois pommes. Mieux vaut ne pas etre claustrophobe!
Un autre jour, nous decouvrons avec Tamara plusieurs villages a une vingtaine de kilometres de Rantepao par une route defoncee. La pluie et la brume font peu a peu place au soleil. Nous admirons Batu Tumonga, Lokkomata, Pana et Tikala, au coeur de rizieres d’un vert intense. Une roche immense abrite une multitude de tombeaux tel un emmental! Plus loin, un site superbe mange par la vegetation cache une falaise ou se logent des dizaines de tombes de bebes.
Sur la route, plusieurs camions montent avec des buffles pour des funerailles. Un autre est rempli comme un oeuf de personnes habillees en noir pour une ceremonie. Les plus importantes se deroulent en juillet et en aout. Si finalement nous n’avons pas assiste a des funerailles (grande frustration de Tamara), nos quelques jours au pays Toraja furent tres enrichissants. Preserver de telles traditions si vivaces jusqu’a nos jours est remarquable.
Photos a decouvrir dans la galerie « Surprenant pays Toraja ».